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L’assistance sociale est centrée ainsi sur les personnes/groupes en difficulté qui, en raison de certaines causes socio-économiques et culturelles ou psychobiologiques et morales, sont exclus, à différents niveaux, d’une intégration normale dans la communauté, étant exposés à la marginalisation, aux états conflictuels, aux désagréments, dans leurs relations quotidiennes. En même temps, l’assistance sociale vise non seulement les compétences techniques d’ordre professionnel nécessaires à aider les personnes et les groupes vulnérables, mais aussi la modalité professionnelle d’exercice des activités de soutien spécialisé en concordance avec les valeurs morales du code déontologique de la profession. Le respect de la dignité, de l’intégrité et de l’authenticité des personnes assistées peut être ainsi préservé. C’est pourquoi l’un des rôles principaux de l’assistance sociale est de générer des mécanismes spécifiques de récupération, au fil du temps, des capacités propres d’intégration normale dans la communauté, de réduction de la dépendance sociale des personnes et des groupes vulnérables en concordance avec l’exigence d’une vie indépendante/autosuffisante. L’assistant social doit faire face à ces nouveaux défis et assumer la responsabilité de la solution des cas complexes dans la perspective des référentiels professionnels. Au cours des deux dernières décennies, surtout à partir de l’an 2000, la littérature de spécialité abonde en perspectives multiples d’approche du domaine de l’assistance sociale, de la relation de celle-ci avec d’autres professions/occupations semblables ainsi que de sa place/son rôle pratique dans la société moderne/communauté. Ces perspectives d’approche mettent en corrélation les fonctions actives, pratiques de l’assistance sociale, de changement et d’intervention sur le milieu social et sur celui des personnes en difficulté, à partir des modèles des politiques sociales qui la soutiennent. Il apparaît, avec de plus en plus d’insistance, l’interdépendance entre la pratique de la profession et les exigences des politiques sociales en tant que fondement de l’efficacité des actions de protection et d’assistance sociale. Même si le début de l’assistance sociale a été confus, controversé et hésitant pour son statut en tant que profession/occupation, il faut préciser le fait que celle-ci, à côté d’autres professions modernes, a aidé à la solution des problèmes sociaux et s’est adaptée sans cesse aux changements proposés par les nouvelles dimensions des besoins humains dans leur dynamique.
A partir de la Loi de 1601 en Angleterre, « Elizabethan Poor Law Act », qui a marqué une initiative législative, importante à l’époque pour l’aide sociale, mais qui s’est avérée totalement insuffisante au fil du temps, il s’est imposé l’initiation des actions caritatives menées par les riches, ceux-ci étant obligés de payer une « taxe pour la pauvreté. » Il a été créé ainsi un système formel de solidarité au sein des communautés afin de soutenir des services volontaires d’aide aux pauvres, aux gens âgés, malades et sans soutien familial. Cela était fondé sur un contrôle social d’identification des riches, qui possédaient des terrains, mais aussi des pauvres qui allaient être aidés, au moyen d’une redistribution financière. L’idée a été reprise plus tard au XIXème siècle, en Angleterre et aux Etats-Unis de l’Amérique, et a constitué le fondement d’un système de protection sociale moderne, avec au début, c’est vrai, un accent plus prononcé sur le domaine de la santé. Elle s’est retrouvée ensuite en Allemagne (au temps du chancelier Bismarck) sous forme d’une formule plus large d’assurances sociales obligatoires pour les aides de maladie et de maternité, pour les orphelins, veuves, pour les accidentés du travail, pour les pensions des gens âgés. Le modèle Bismarck s’est étendu à d’autres États européens, mais a stimulé également l’apparition de formules alternatives de protection dans les politiques sociales telles que le modèle « Welfare State » mais aussi celui de « Workfare State » qui ont pourtant des approches et des options différentes dans l’assurance du bien-être social par le biais du système des politiques d’assistance sociale.
L’assistance sociale en tant que système moderne de formation et d’intervention sociale s’est située toujours dans un contexte situationnel concret, spécifique à chaque société, à travers la liaison permanente entre les exigences de la pratique et les aspects théoriques qui la soutiennent. A cet effet, de nombreuses critiques ont été apportées récemment à la compréhension de la société en tant que système cohérent, unitaire et homogène, avec des problèmes clairement définis et avec des solutions prédictibles où l’assistance sociale se placerait avec ses modèles pratiques « salvateurs ». En fait, la définition de la société en tant que système unitaire dans les théories sociologiques a été toujours soumise aux critiques majeures sous la pression des évolutions théoriques, de ses perspectives multiples d’approche, qui ont souligné à tour de rôle le pluralisme des théories explicatives, à partir de celles classiques jusqu’à celles fonctionnelles-structuralistes et postmodernistes. Dans cette dynamique de la compréhension du système social, les formes de solidarité sociale, les réseaux d’aide et de protection sociale ont acquis des acceptions des plus différentes. La peur du désordre social avec ses effets nocifs, la nécessité d’un contrôle social des facteurs de risque, l’attitude envers les délinquants, l’introduction de la législation sociale etc. ont pris ainsi des formes différentes au fil du temps, selon le contexte socioculturel propre/spécifique aux communautés et aux personnes à risque accru d’exclusion sociale. En même temps, il s’est également distingué une réponse différenciée au niveau des services de soutien aux personnes en difficulté, avec des effets différents au cours du temps concernant la responsabilité sociale envers les personnes marginalisées. Celle-ci a visé deux extrêmes : à un pôle, s’est située l’ignorance totale des besoins des individus en difficulté, allant jusqu’au mépris et à la culpabilisation personnelle de ceux marginalisés, au pôle opposé, une responsabilité et un soin exacerbés de l’État qui ont induit même une dépendance de ceux-ci à l’aide sociale. Aucune des deux solutions extrêmes ne répond de manière satisfaisante aux référentiels d’une pratique professionnelle exigée par les valeurs théoriques et éthiques de l’assistance sociale.
Perspectives d’analyse du système d’assistance sociale L’analyse multidisciplinaire de type psychosocial du système d’assistance sociale fait ressortir des modèles de large diversité culturelle, qui mettent en évidence : • La perspective institutionnelle et la perspective des politiques sociales ; • Le cadre législatif et les normes méthodologiques d’application dans le système d’aide spécialisé ; • L’évaluation des besoins d’assistance sociale et de gestion des risques ; • La perspective des bénéficiaires dans l’évaluation des services et des formes d’aide. Parmi ces perspectives, l’analyse visant l’identification et l’évaluation des besoins se trouve à la base des types/formes d’aide pour les personnes en difficulté et des instruments par l’intermédiaire desquels ces derniers se qualifient pour les diverses formes d’aide de l’assistance sociale. Le système des institutions d’assistance sociale fonctionne dans un contexte social, économique et politique bien défini, dictant le modèle des politiques sociales dans le domaine, selon les priorités et le profil des besoins. C’est pourquoi, la formation dans le domaine de l’assistance sociale se déroule à des niveaux différents de compétence : vocationnel, universitaire, postuniversitaire et de recherche, selon les besoins spécifiques de la communauté. Dans les pays avec une tradition dans l’assistance sociale, les politiques sociales d’occupation dans le domaine de l’assistance sociale s’organisent en général en quatre grandes catégories : • L’assistant social praticien, • L’assistant social engagé dans des services résidentiels et des centres de jour, • L’assistant social engagé dans des services de soins et de soutien social, • L’assistant social engagé dans des politiques sociales et dans des programmes centrés sur le respect des droits de l’homme, sur le développement communautaire et le bien-être individuel/collectif. Le développement des standards professionnels et des standards des services d’assistance sociale offre la possibilité d’une évaluation et d’un contrôle du système et des activités pratiques en base d’un nombre de repères clairs et en fonction des conditions de qualité et de compétence sociale. Pourquoi les standards professionnels sont-ils utiles. Le processus d’élaboration des standards professionnels dans l’assistance sociale entraîne la consolidation de la profession et l’accroissement de son prestige dans la communauté, ainsi que dans les milieux professionnel et académique. Une meilleure compréhension du spécifique de la profession s’ensuit également, grâce à l’identification des types concrets d’activités pouvant se dérouler en accord avec les demandes de la formation. Dans le cas spécifique de l’assistance sociale, les activités concrètes que l’assistant social doit dérouler en réponse aux problèmes sociaux multiples des gens en difficulté, transposées dans les plans de formation à des niveaux différents (les curricula spécifiques de la formation initiale de base – notamment vocationnelle, lycée ou post-lycée, collège, université, études postuniversitaires, maîtrise et doctorat) mènent à des compétences et à des rôles différenciés. Un bon nombre d’études sur le profil professionnel ont mis en évidence le rôle croissant des communautés académiques et scientifiques, des instituts de recherches spécialisées et des associations professionnelles accréditées dans l’élaboration des standards, à part celui des institution accréditant et bénéficiant de la pratique dans le domaine. Les standards de la profession d’assistant social pourront mesurer dans le temps la quantité et la qualité des connaissances théoriques absolument nécessaires dans la pratique de la profession, l’effort accumulé pour la compréhension et l’emploi applicatif de ces connaissances, par la création et la stimulation des coutumes pratiques, ainsi que l’intégration des normes déontologiques demandées par le code éthique dans le domaine. Un aspect central de la profession d’assistant social, qui fait encore l’objet d’un grand nombre de débats théoriques et qui introduit des confusions dans la pratique de la profession, est celui tenant du caractère interdisciplinaire des connaissances gouvernant le processus de formation et d’intervention sociale. En plus, l’approche de la profession d’assistant social dans la perspective du caractère de multidisciplinarité met en évidence un processus qui a suscité pendant longtemps l’attention d’un bon nombre de spécialistes, préoccupés par les multiples hypostases / facettes de l’assistance sociale. Ces facettes représentent les possibilités d’analyse et d’intervention de l’assistant social dans la résolution des problèmes des personnes vulnérables et dans l’intégration sociale normale de ces personnes. Ainsi, les débats autour de l’assistance sociale en tant que profession et en tant que pratique, de plus en plus fréquents dans la littérature de spécialité, sont dus en premier lieu au cadre théorique très large dans lequel cette dernière se développe, à l’histoire de son profil controversé, et aussi à la confusion tenant des activités pratiques que l’assistance sociale doit recouvrir, par des modalités spécifiques d’évaluation et d’intervention. La nature du cadre théorique et scientifique de la formation de l’assistant social met en évidence la nécessité d’un curriculum comprenant des disciplines applicatives avec de nombreuses interconnexions et avec des frontières flexibles/fragiles, pouvant interagir dans la définition des relations entre l’homme et son milieu, dans des contextes situationnels différents. Dans le contexte d’une construction sociale comparable à une « véritable ingénierie/construction humaine », les sciences sociales – humaines, par leurs théories applicatives, harmonisées et équilibrées dans une nouvelle synthèse, se soumettent tant aux objectifs tenant du processus de connaissance individuel qu’au monde de l’individu et aux actions de modification. Tenant compte de la complexité des problèmes sociaux et de leur impact sur le bien-être des individus / des groupes / des communautés, l’assistance sociale implique nécessairement des précisions de nature théorique concernant la typologie des risques, ainsi que des modèles de résolution dans un contexte social et culturel particulier, en pleine dynamique et transformation. La gestion de cas stimule des activités sociales entreprises en équipe interdisciplinaire, pour la résolution de ces cas, des méthodes de prévention de l’exclusion sociale à l’aide des services spécialisés, l’assistance sociale assumant la pleine responsabilité vis-à-vis des personnes vulnérables. Cette mission de la pratique moderne dans l’assistance sociale ne peut être remplie sans une connexion directe avec le domaine des politiques sociales. Ces dernières, par des modèles et des formes spécialisées d’appui dans l’assistance sociale, soutenues par la volonté politique, ont le pouvoir d’introduire des stratégies efficientes d’implémentation des programmes sociaux au niveau de la famille et de la communauté. C’est pourquoi la formation des spécialistes demande : 1. Des connaissances professionnelles pouvant assurer une compréhension théorique correcte de l’homme et de son milieu par : • L’identification des situations de marginalisation, de risque et d’exclusion sociale au niveaux individuel, de groupe ou communautaire ; • La préoccupation pour l’individu et l’identification correcte de ses problèmes ; • L’évaluation du profil des besoins et l’établissement d’une réponse spécialisée vis-à-vis de ces besoins ; • La compréhension de l’importance de la prévention des risques, sans pourtant négliger de traiter les effets ; • L’action de soutien en corrélation avec l’élimination des causes produisant des risques majeurs, ou au moins la diminution de ces risques dans le temps ; • L’élimination des formes de discrimination et l’offre d’un paquet de développement individuel centré sur des opportunités égales ; • Un engagement de l’aide social fondé sur les principes de la justice sociale et du respect des droits de l’homme ; • Une approche de type intégrateur - holistique des problèmes sociaux pour les personnes en difficulté, afin de ne point créer un déséquilibre fonctionnel dans les politiques de soutien (la vision systémique sur les besoins et les processus de développement assure une intégration normale des personnes en difficultés selon l’âge, le type de difficulté et l’aire de recouvrement) ; • L’établissement des priorités d’action ; • Le développement d’un plan d’intervention individualisé - gestion de cas ; • Des suggestions stratégiques pour le développement des politiques sociales et des « plaidoiries » (lobby) pour leur implémentation ; • L’identification de toutes les ressources de soutien au niveau de la communauté. 2. Des capacités de relation -communication : • La création d’un climat positif et d’appui dans la relation avec le bénéficiaire ; • La responsabilité dans la relation avec l’institution dans laquelle l’assistant social travaille ; • L’habitude de travailler en équipes de spécialistes appartenant à la même profession et en équipes interdisciplinaires, ainsi que l’orientation / l’ouverture vers des partenariats de type institutionnels ; • La stimulation de l’implication des bénéficiaires dans le processus décisionnel visant les formes d’appui et, tout particulièrement, dans l’acte d’évaluation de ces bénéficiaires, afin d’accroître l’efficience des actions ; • L’identification des priorités, au cadre du plan d’intervention, en collaboration avec les bénéficiaires. 3. Le respect des valeurs morales avec applicabilité dans la pratique de la profession (l’assimilation des valeurs morales du code déontologique de la profession d’assistant social): • La connaissance et l’utilisation des valeurs et des principes du code déontologique dans les activités théoriques et pratiques de la profession ; • La responsabilité et la loyauté envers le bénéficiaire et envers l’institution qui emploie l’assistant social ; • La responsabilité dans le processus de la pratique, vis-à-vis du contenu et des moyens d’appui ; • L’élimination de toute tendance de discrimination et l’utilisation des pratiques anti-discriminatoires dans le système de l’assistance sociale ; • L’évaluation périodique, s’appuyant sur la correction de la pratique sociale en tant qu’instrument essentiel de développement des performances professionnelles. La profession d’assistant social dans la société moderne devient une profession de haute qualification, avec un caractère multidisciplinaire et une orientation pratique et applicative, se déroulant dans le respect d’un nombre de réglementations et de standards nettement établis. POLITIQUES INTEGRÉES D’ASSISTANCE SOCIALE Eléments de définition de la politique sociale intégrée Elle identifie les situations de difficulté pour les personnes avec des problèmes sociaux à partir d’une approche structurée – intégrée des besoins/risques auxquels sont confrontées celles-ci ainsi que les sources génératrices de marginalisation/vulnérabilité sociale Elle hiérarchise les besoins/problèmes sociaux selon leur signification pour une vie décente Elle établit un diagnostic précis avec réponse immédiate dans le cadre de stratégies d’intervention et de changement en concordance avec les priorités fixées Elle développe, au niveau national, des mécanismes/instruments d’organisation, de coordination et de contrôle des formes actives de soutien consistant en bénéfices et services spécialisés mis en œuvre par les facteurs décisionnels au niveau national dans le domaine de la protection et de l’assistance sociales Elle établit de manière rationnelle les services de soutien en prenant en compte les exigences de développement différenciées selon les régions et les localités et en précisant des responsabilités claires qui incombent aux facteurs de décision à tous les niveaux Elle met en corrélation les priorités d’action avec des méthodologies concrètes et des outils spécifiques de mise en œuvre rapide des formes de soutien.
La relation politiques sociales intégrées - politiques d’inclusion sociale
Les politiques sociales intégrées ont une liaison directe avec les politiques d’inclusion sociale qui ouvrent une perspective dynamique sur la solution de tous les problèmes/difficultés auxquels est confrontée la population socialement marginalisée/vulnérable dans la sphère économique, éducative, occupationnelle, du logement, de la santé, politique, civique, morale.
L’exclusion sociale est un concept plus large que la pauvreté, parce qu’il inclut non seulement le manque de moyens matériels, mais aussi l’impossibilité d’être inclus dans divers « réseaux » sociaux, économiques, politiques, civiques et culturels. (Duffy 1995) Les exclus sont « des groupes entiers de personnes qui se trouvent, partiellement ou totalement, en dehors du champ d’application effectif des droits de l’homme. » (Conseil de l’Europe, 1994)
La politique d’inclusion sociale est centrée non seulement sur les exclus (individus et groupes), mais aussi sur les systèmes sociaux générateurs de facteurs, de processus qui mènent à l’exclusion sociale. Même si le concept/la politique d’exclusion fait référence aux personnes, aux groupes, il/elle est centré(e) surtout sur le changement du système social/les réponses sociales ponctuelles, qui permettent l’inclusion normale de ceux-ci dans la communauté. L’approche des phénomènes dans la perspective de l’exclusion sociale non seulement apporte une nouveauté théorique conceptuelle, mais aussi a un impact majeur sur la pratique de l’action sociale orientée sur l’élimination des sources/mécanismes sociaux de privation (elle propose une nouvelle vision sociologique de l’analyse de l’ordre, de l’égalité et de la structure sociale). - Les politiques d’inclusion sociale éliminent le danger de fragmentation des politiques sociales et proposent l’orientation vers une société moderne, compréhensive, inclusive et le renforcement de celle-ci en tant qu’entité distincte, cohésive et légitime pour les groupes et les individus, quelles que soient leurs caractéristiques personnelles et d’appartenance. L’exclusion doit être définie en termes d’incapacité/échec d’intégration d’une personne ou d’un groupe dans un ou plusieurs (sous)systèmes parmi les quatre suivants : 1. le système démocratique et légal, qui suppose une intégration civique 2. le marché du travail, qui promeut une intégration économique 3. le système de l’État du bien-être, qui assure l’accès aux services sociaux, c’est-à-dire une intégration sociale 4. le système de la famille et de la communauté, qui promeut l’intégration interpersonnelle (« relations interpersonnelles de soutien »), aprud Berghman, 1996, “Exclusion sociale en Europe: contexte politique et cadre analytique”, dans Graham Room (éditeur), 1996 - Measuring Poverty and Exclusion.
Les points critiques globaux du système de protection et d’assistance sociale: Du point de vue organisationnel, le système actuel d’assistance sociale qui se trouve en plein processus de globalisation est fragmenté, dilettante et exige des adaptations/corrections. Blocages majeurs inattendus au niveau institutionnel dus à la compétition pour les ressources limitées et à certains intérêts étroits de type paroissial La dispersion des responsabilités des facteurs de décision au niveau national peut engendrer, dans l’assistance sociale, des actions à faible efficacité et aux coûts élevés Capacité de prévention et de récupération beaucoup plus réduite que la réponse immédiate aux situations de crise Les problèmes complexes reçoivent un soutien fragmentaire en termes de services sociaux.
Le degré de professionnalisme des services sociaux est extrêmement inégal, les services dépourvus d’un niveau minimum de professionnalisme étant plutôt prédominants. L’absence d’un modèle d’organisation élaboré ainsi que d’un paquet de procédures cohérent et stable. Le système est vulnérable aux perturbations politiques administratives. Dans ces conditions, le changement des dirigeants peut entraîner des perturbations majeures dans l’activité des services, peut mener à des dysfonctionnements graves. Faible développement de programmes d’assistance sociale efficaces, qui soient en interaction avec les autres, et non en compétition, déroulés dans le milieu naturel de vie de la communauté. Les ressources financières existantes sont utilisées inefficacement. Leur inefficacité provient des sources suivantes : Les réorganisations continues qui consomment les ressources de manière non productive. Le redoublement et la superposition des activités La corruption, le détournement de fonds difficiles à contrôler Le système actuel d’assistance sociale tend à contrôler uniquement la mise en application des règles et des procédures formulées du point de vue administratif, en manifestant une faible capacité à évaluer les performances effectives. Confusions dans le processus de formation du personnel dans ce domaine situé souvent en dehors du système d’enseignement. La fragmentation des responsabilités concernant l’assistance sociale entre différentes institutions rend en même temps difficile même impossible le transfert des ressources financières d’un programme vers un autre. La fragmentation des responsabilités concernant l’assistance sociale entre différentes institutions a pour effet la création de systèmes déséquilibrés aux profils dominants du type unilatéral, générés non par la logique du problème, mais par la logique de l’institution chargée des problèmes. La dégradation rapide des valeurs traditionnelles de la famille
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